La Chaire "Nouvelle Urbanités face aux risques naturels : des abris-ouverts"

L’exposition Sols incertains

La chaire partenariale d’enseignement et de recherche Nouvelles urbanités face aux risques naturels : des abris ouverts présente :

sols incertains

hériter des territoires vulnérables : ce que transforme la tempête Alex.

Une exposition de la Chaire partenariale de recherche et d’enseignement : Nouvelles urbanités face aux risques naturels, des abris ouverts à l’Ensa-Paris-La Villette.

«Les architectes sont appelés à donner forme aux habitats, que les sociétés où ils travaillent appellent de leurs vœux. Pour assurer leur sécurité, l’architecte se doit donc de concevoir, avec elles, un abri possible, une architecture.

A ce point de contraintes légales communes sur la sécurité, la Chaire « Nouvelles urbanités et risques naturels : des abris-ouverts » prend une position inédite : la sécurité de tous est nécessaire, mais sa mise en œuvre doit aussi se défier de ses effets involontaires. En effet la mise à l’abri isole : elle renforce la coupure avec les cycles du vivant, rend impossible la compréhension des risques naturels.

Un art de construire qui ne mise que sur sa capacité fonctionnelle à produire de l’isolation thermique, acoustique, hygiénique… instaure bien sur la sécurisation des abris, mais aussi trop de séparation et d’isolement : des autres (humains et non humains), de la géographie terrestre, du vivant des milieux habités, des écosystèmes, de la nature. Si l’on ne peut en sortir, la vie dans l’abri devient insupportable. Les inondations et le Covid-19 sont là pour le rappeler.

L’architecture a donc, à notre sens, pour responsabilité d’assurer l’ouverture en même temps que l’abri, de faire partager ce double souci à ses partenaires et d’en préparer la réalisation, des débats initiaux de la programmation jusqu’à la fin du chantier.»

Eric Daniel-Lacombe, directeur de la Chaire.


sols incertains

Hériter des territoires vulnérables : ce que transforme la tempête Alex.

du 11 mai au 11 juin 2022

Elles s’appellent Dirk, Cleopatra, Yvette, Klaus, Alex. Les dernières, c’était Eunice, Franklin et Diego. On se rappelle aussi de Xynthia, et des ravages causés sur la côte Atlantique en 2010. Les tempêtes qui frappent la France portent désormais des prénoms humains, comme les ouragans tropicaux Katrina, Matthew ou Sandy. Cette personnification facilite la communication des instituts météorologiques européens, notamment pour des enjeux de communication des prévisions auprès des populations. Elle participe également à une culture partagée de la prévention des risques naturels transfrontaliers. Quand les projets de réparation ou de reconstruction deviennent nécessaires, les traces destructrices de ces événements portent encore, dans les récits des habitant.e.s, le nom de ces intempéries.

Les tempêtes sont des phénomènes météorologiques qui passent, se forment et se déforment, mais ce qu’elles touchent sur leur passage concerne des vies humaines et non humaines, des installations matérielles, des aménagements, des usages, des relations et des équilibres locaux. Ce sont bien des questions contemporaines d’architecture qui se posent quand les évènements météorologiques atteignent des puissances telles qu’ils sont capables de mettre en mouvement ce qui compose nos sols.

Aujourd’hui, le modèle défensif reste prédominant, mais nous commençons à lui attribuer certaines failles ou dysfonctionnements. Les systèmes de protection de plus en plus puissants peuvent rester perméables au danger et ils sont, eux-mêmes, sources de risques supplémentaires en cas d’accidents techniques ou d’appréciation (Paul Virilio, L’accident originel, 2005). Les désastres des dernières décennies, liés aux ouragans, tsunamis, crues ou autres incendies, ont démontré que la résistance n’est plus la seule solution pour mettre les populations et les biens matériels ou naturels à l’abri. Alors que les risques naturels concernent maintenant toute la surface de la terre ; que le dernier rapport du GIEC (groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat) rappelle l’urgence d’agir dans les prochaines années, la discipline de l’architecture réinterroge et transforme ses pratiques pour reconsidérer son rapport aux aléas naturels de plus en plus menaçants. Il semble nécessaire d’actualiser les outils d’analyse des phénomènes et les méthodes de conception pour y intégrer davantage les notions d’incertitude, d’imprévisible et d’indéterminé. En complémentarité de certaines réponses modernes de plus en plus sophistiquées visant l’étanchéité aux dangers, des voies.x multiples et hétérogènes réaffirment la vulnérabilité comme une condition de l’habitabilité.

sols incertains s’inscrit dans cette autre direction et prend le cas du passage, dans les vallées des Alpes-Maritimes, d’une tempête nommée Alex (octobre 2020) pour en faire un objet de réflexion dans une école d’architecture. Alex a déclenché dans cette région un épisode pluvieux extraordinaire responsable d’une crue dévastatrice qui pose aujourd’hui la question de son héritage. Sans minimiser le désastre et ses ravages, la catastrophe générée par cette tempête peut ainsi être considérée comme une expérience pour comprendre les vulnérabilités d’un territoire et imaginer comment habiter les sols incertains.

Cette exposition est organisée par la Chaire partenariale de recherche et d’enseignement Nouvelles urbanités face aux risques naturels : des abris ouverts.

Yannick Gourvil, commissaire de sols incertains


Commissaire :

Yannick Gourvil, architecte, maître de conférence associé à l’Ensa Paris- La Villette.

Enseignant référent :

Éric Daniel-Lacombe, directeur de la Chaire partenariale de recherche et d’enseignement Nouvelles urbanités face aux risques naturels : des abris ouverts, professeur à l’Ensa-Paris La Villette.

Réalisation des documents et scénographie :

bmc2, prestataire : Zoé Faou, cheffe de projet, Bérénice Gabeaud et Lina Haba, stagiaires.

Artistes invité.e.s :

Jérôme Bouchard, Canada, Catarina Marto, Portugal, Tadashi Ono, Japon,
et Marie Velardi, Suisse.

Participation :

Éric Daniel-Lacombe architecte et directeur de la Chaire partenariale de recherche et d’enseignement : Nouvelles urbanités face aux risques naturels : des abris ouverts.

RIT : Valérie Pihet, chercheure en arts et politique, Céline Bodart et Emmanuelle Roberties (architectes chercheures).

Corinne Luxembourg, géographe.
Pierre Hallot, chercheur géomaticien.
Rhino Ariefiansyah, anthropologue.
Chris Younès, philosophe.
Benjamin Breton et Gaspard Chaine, architectes. Marc Montgaillard, hydraulicien.
Thierry Ingigliardi, élu de Saint-Martin-Vésubie.

Etudiant.e.s exposé.e.s :

Bérénice Gabeaud, Lina Haba, Méryl Bongogo, Audrey Marques, Clémence Yvon, Nicola Fiodor, Jolien Vervoot, Anicée Ballestra, Isaline Potard, Zoélie Millereau-Dubesse, Minh Anh Dong, Yukiko Kamei, Oscar Lerch, Fei Zhou, Matthias Ancelly, Nelson Rey, Domitille Dehaye, Clémence Derrien, Anabelle Cousin, Inès Bendelac, Maïlys Grudzien, Morgane Marchal, Lise Rougé Raoult, Lara Huchaima, Léa Cavelier, Clémence Fenières (Ensa Paris-La Villette)

Léna Darolles (Faculté d’architecture ULiège)

Partenaires de l’exposition:

Ministère de la Culture et Ministère de la Transition Écologique (Direction Générale de la Prévention des Risques).

Ensa Paris-La Villette.

Chaire partenariale de recherche et d’enseignement : Nouvelles urbanités face aux risques naturels : des abris ouverts.

Partenaires des œuvres :

La Villa Kujoyama, Japon.
La Fondation Bettencourt Schueller (Institut français) Institut Français, Portugal.
La Cité des Arts.
Museus do Técnico, Lisbonne.
Wallonie Bruxelles international.
Conseil des Arts du Canada.
SPEAP & SciencesPo, Paris.
Institut français, Hors les murs, Hambourg et Lisbonne.

Remerciements :

Caroline Lecourtois, directrice de l’Ensa Paris-La Villette.

Anne d’Orazio, présidente de conseil d’administration de l’Ensa Paris-La Villette.

Les services de l’Ensa Paris-La Villette, en particulier : Vincentella de Comarmond, Frédéric Sallet, Marie-Liesse Sztuka, Jutta Nachbauer, l’atelier maquette (Marc Fayolle de Mans, Jacques Bergna et Alain Raynaud), Caroline Adler, Hammar Djenhia, Héléna Naimi, Hicham Oumari, Guglielmo Mazzocchi, Francis Gorain, Rosaly Datchi, Nourel Amzi et le Groupe de travail « Expositions ».

Valérie Wathier, adjointe chef de bureau de la recherche architecturale et urbaine au Ministère de la Culture.

Patrick Soulé, adjoint du directeur général de prévention des risques, DGPR.

Xavier Pelletier, Préfet délégué à la reconstruction des vallées.

Johan Porcher et Guylain Théon, direction départementale des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes, DDTM-06.

Éric Le Coguiec et Martina Barcelloni, enseignants-chercheurs à la faculté d’architecture, ULiège.

Océane Ragoucy, architecte, curatrice et éditrice.

Hélène Peskine, Emmanuelle Durandeau, Lisa Llambrich, Plan urbanisme construction architecture, PUCA.

Le CEREMA, Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement.

Les équipes de maîtrise d’œuvre AMITER.
Maxime Colnot et Agathe Pertiaux.
Ibrahima Baldé, Yasaman Yarshir, étudiant.e.s de l’Ensa Paris-La Villette.

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